La Santeria ou culte des Orishas

Rites et cérémonies
La santeria inclut des pratiques culturelle plus ou moins publiques, rites initiatiques, funéraires, divination, purification, célébration de fêtes, moments de transe, sacrifices, offrandes.
L’initiation à la santeria
Avant l’initiation elle-même, un prêtre (le babalao) détermine quel orisha gouvernera la vie du santero. Durant l’initiation (kariocha ou asiento), l’oriaté (prêtre dirigeant la cérémonie) installe l’orisha dans la tête du néophyte. Celui-ci devient alors un iyao (« époux du saint ») durant un an, période pendant laquelle il doit se vêtir de blanc et observer certaines règles. Il n’est pas rare de croiser ces silhouettes immaculées dans les rues de La Havane.
Cuba, les orishas, la santeria-un syncrétisme religieux
Le panthéon Yoruba compte 16 divinités majeures personnifiant les forces de la nature. 7 d’entre elles sont invoquées durant l’initiation nécessaire à tout santero (adepte) : Eleggua, Oggun, Ochosi, Chango, Oya, Yemaya, Oshun, Obatala.
Le syncrétisme religieux à Cuba
Les plus importantes ethnies africaines arrivées à Cuba via l’esclavage sont les Yorubas (appelés Lucumis à Cuba), originaires du Nigeria et du Bénin, et les Bantou ou Congos, venus d’Afrique centrale.
Trois grandes traditions religieuses d’origine africaine se développent alors à Cuba. La culture des Yorubas s’impose avec la santeria (ou Regla de Ocha) et le culte d’Ifa. La religion des Congos s’implante sous le nom de palo monte. Ces religions sont pratiquées majoritairement par les Noirs et les métisses.Elles reposent toutes sur la communication entre humains et esprits, vivants et morts, à la fois sur un plan religieux (tenter de se concilier le divin) et magique (essayer au contraire de se l’adjoindre par la contrainte), pour reprendre les définitions de J.-G. Frazer.
Ces religions ne s’excluent pas mutuellement. Des relations complexes de concurrence, mais aussi de coopération et de reconnaissance mutuelle se tissent entre elles. Ainsi les spécialistes de l’une peuvent avoir recours aux prêtres d’une autre, les fidèles peuvent appartenir à plusieurs religions.
A ces traditions , on peut ajouter le spiritisme : bien qu’européen, il est lui aussi fondé sur la dialogue avec les morts. A compter du XIXè siècle, il influence les religions afro-cubaines.
Durant la période de l’esclavage notamment, les Yorubas, obligés de renoncer à leurs croyances, les dissimulent derrière les saints catholiques. Des affinités entre les fonctions de ces saints et les attributs des divinités africaines (orishas) sont trouvées. Ainsi, la santeria naît au contact de la religion des Yorubas et du catholicisme : les orishas sont assimilés aux saints chrétiens.
Les orishas à Cuba
En Afrique, l’orisha est un ancêtre divinisé. Son ashé (énergie spirituelle) se transmet à ses descendants ou à ses adeptes durant la transe. Le culte d’un orisha peut être observé au sein d’une même famille (lignée paternelle) ou de façon régionale. En Amérique, le culte est beaucoup plus individuel et la notion évolue. Des non-Africains l’intègrent : l’absence de liens du sang avec des ancêtres divinisés est remplacé par le partage de certaines tendances de caractère avec les orishas.
Emissaires divins, les orishas sont envoyés sur terre par le Dieu Suprême, Olodumare, Olorun ou Olofi, créateur du cosmos et du genre humain, symbole de l’ashé.
Les dieux personnifient des abstractions et des forces naturelles. A chacun d’entre eux correspondent des attributs et traits de caractère, mais aussi des éléments naturels ou liturgiques précis (plantes, animaux, fêtes, nombres, couleurs, prières, danses et chants). Les dieux se manifestent sous forme de différents avatars, que l’initié se doit de connaître.
D’autres objets sacrés, colliers (collares) ou pierres habitées par l’esprit des dieux (otanes), interviennent également dans le culte des orishas.
Ellegua – Ochosi / Obbatalá / Oggún – Chango / Yemayá – Ochun

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